Exposition et projection du court métrage
Du 24 mai au 21 septembre 2025
Horaires Entrée libre les samedis et dimanches de 14 h à 18 h (et sur rendez-vous du lundi au vendredi au 03 59 73 48 90)
Mont Noir est court métrage animé réalisé par Erika Haglund, autrice, et Jean-Baptiste Peltier, illustrateur. Il relate l'enfance de Marguerite Yourcenar passée dans les Flandres, une fillette solitaire et pleine d'imagination que la confrontation à la mort amène à écrire.
Pour écrire, les réalisateurs ont puisé dans l'univers littéraire de Marguerite Yourcenar - Les Mémoires d’Hadrien, L'œuvre au noir, Les Nouvelles orientales et ils se sont particulièrement nourris de sa trilogie autobiographique, Le labyrinthe du monde. De ces sources, ils ont fait surgir des images, des gestes, des sensations, inventé une enfance allant fouiller au plus profond de leurs souvenirs. Ils ont construit l'histoire comme un crescendo des pertes, dont l'issue est la mise en mots, salvatrice.
Marguerite Yourcenar décrit ses souvenirs du Mont Noir comme ceux d’une sorte de paradis perdu. Le parc est son domaine, bruissant d’une vie secrète ou nocturne. C’est un lieu de nature sauvage, un lieu de jeu comme de contemplation. Il contraste avec l’austérité statique et hostile du château de la grand-mère. Mais le parc du Mont Noir, c’est également n’importe quel jardin vu à hauteur d’enfant : ces zones douces et herbeuses où s’allonger, ces recoins sauvages où s’aventurer.
« Je grimpe à travers les hautes herbes la pente abrupte qui mène à la terrasse du Mont-Noir. On n’a pas encore fauché. Des bleuets, des coquelicots, des marguerites y foisonnent. »
- Marguerite Yourcenar, Les yeux ouverts
Marguerite est une enfant terriblement solitaire, instruite à la maison. Michel, son père, ne commence à s’intéresser à sa fille que lorsqu’elle apprend à lire, il peut alors lui inculquer l’amour des lettres et de la culture antique. Il ira jusqu’à lui trouver son nom d’écrivaine et lui offrir sa première édition de poèmes. Cette relation au père est l’un des fils de l'histoire. Marguerite ne semble avoir qu’un chemin à suivre : écrire, pour être aimée de son père.
Le court métrage questionne la manière dont on se construit avec ce dont on hérite, et comment on le transcende, ici par la littérature. L’acte de création vient combler un manque, réparer une douleur initiale.
Jean-Baptiste Peltier a choisi un traitement en peinture sur papier. Chaque image est intégralement repeinte à partir d’une référence dessinée au préalable. C’est une méthode qui relève de l’artisanat et qui permet une expressivité sans pareille. C’est une image vivante, riche en texture et en couleurs. Ce n’est pas la précision et les micro-détails qui intéressent ici, mais bien l’énergie et le trouble que communique cette technique. L’image tressautant à l’instar d’un vieux film, le spectateur ressent l’incertitude du souvenir. Les textures vibrantes renvoient aux sensations brutes de l’enfance.