Gisèle Pineau est née le 18 mai 1956 de parents guadeloupéens. Son père était un dissident, engagé dans les Forces Françaises libres suite à l’appel du Général de Gaulle. Militaire de carrière, il s’installe dans l’Hexagone avec sa famille, et notamment sa mère, Man Ya, la grand-mère de Gisèle Pineau qui lui raconta la Guadeloupe alors que la petite fille subit le racisme.
La famille retourne ensuite aux Antilles dans les années 1970, et Gisèle poursuit alors ses études entre la Martinique et la Guadeloupe, en commençant par son baccalauréat littéraire. En 1975, elle s’oriente vers des études de Lettres Modernes à l’université de Nanterre. Contrainte d’abandonner pour des raisons financières, elle devient alors infirmière en psychiatrie, carrière qu’elle continue en Guadeloupe après s’être mariée. Pendant près 20 ans, elle exerce au centre hospitalier de Saint-Claude.
Elle n’a jamais abandonné son rêve de littérature, né alors qu’elle avait sept ans et qu’elle écrivait pour elle-même des histoires qui lui faisait quitter la grisaille et le racisme qu’elle subissait à Paris. Son enfance, ses voyages, son métier vont nourrir ses futures œuvres.
En 1993, parait son premier roman : La Grande Drive des esprits, fresque familiale dans la Guadeloupe des années 1920 aux années 1970, où elle mêle les destins d’hommes et de femmes, la réalité et la fantaisie, le passé et le présent.
Le dernier roman de Gisèle Pineau est paru en 2021 : Ady, soleil noir, une biographie romancée de Adrienne Fidelin, qui fut la compagne de Man Ray dans le Paris de l’entre-deux-guerres, une « muse noire dans l’époque surréaliste » (Libération), où passe aussi le souvenir du grand cyclone de 1928 qui a dévasté la Guadeloupe, et plus loin encore celui des Nègres marrons qui résistaient à l’esclavage avant l’abolition. L’ouvrage sensible et précis (Gisèle Pineau a recueilli le témoignage de la famille du mari d’Ady Fidelin) a été couronné du prix du roman historique, pour la première fois décerné à un.e auteur.e ultramarin.e.